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Le Morne: le respect du site réclamé

L’accès à la Montagne du Morne fait polémique depuis toujours. Des habitants ont récemment mis en garde contre un accès non contrôlé au site. Le leader de l’opposition, Paul Bérenger, en a d’ailleurs fait état mercredi lors de sa conférence de presse. Leurs craintes sont-elles justifiées? Les échos des visiteurs et de rares habitués font craindre le pire pour le site si des actions ne sont pas prises.

Les clichés rapportés par l’un de nos photographes, qui a été en randonnée sur la montagne du Morne au cours de la semaine écoulée, donnent une idée de ce qui s’y passe. Ces photos brossent un tableau peu reluisant qui confirme les dires de ceux qui tirent la sonnette d’alarme sur l’irrespect à l’égard de ce lieu mythique.

Un homme est perché en haut de la croix en métal, qui se trouve au sommet de la montagne, rien que pour réussir son selfie. Comme lui, ceux qui l’accompagnent grimpent aussi sur la structure en métal pour se prendre en photo. Notre photographe raconte qu’une bonne partie des visiteurs qu’il a croisés sur le site ce jour-là en ont fait de même.

D’autres personnes déplorent l’attitude de ceux qui se rendent sur cette montagne considérée comme sacrée pour certains. «Est-ce que ces mêmes personnes iraientmonter sur la grande croix dans un cimetière pour s’y faire photographier? Alors pourquoi le font-elles ici ?» s’indigne Joe Ramalingum, ancien conseiller du village. Pendant encore combien de temps cette croix métallique pourra soutenir le poids des inconscients ? Faudra-t-il faire installer un panneau pour demander aux randonneurs de respecter ce symbole ?

Tout aussi choquant : ceux qui sont inconscients de l’écosystème unique du lieu. Cette montagne est aussi connue pour ses plantes endémiques. Des botanistes y ont découvert le fameux Trochetia, plant endémique de l’île, dont la fleur a été décrétée fleur nationale le 12 mars 1992. Pourtant la semaine dernière, il y avait des personnes qui cueillaient des fleurs et parmi elles la célèbre Trochetia, raconte notre photographe, cliché à l’appui. Le non-respect de l’environnement est flagrant selon lui. «Il y avait des cannettes de boissons alcoolisées et des mégots de cigarettes que j’ai ramassés pour les jeter dans les poubelles au bas sur le plateau de la montagne», dit-il encore. Même si le lieu est encore propre et qu’il y a des poubelles, quelques inciviques ont jeté des papiers gras et autres papiers d’emballages de chips çà et là.

Au détriment de la nature

Joe Ramalingum dit être déçu : «Oui, nous avons lutté pour l’ouverture du site au publicmais il ne faut pas que cela soit au détriment de la nature. Il y a surtout une banalisation du site et la montagne du Morne risque de perdre son cachet. Ce n’est pas n’importe quelle montagne», poursuit-il.

Il souhaite qu’il y ait des règles spécifiques pour ceux qui font l’escalade de cette montagne. «Bizin kone kouma pou servi montagn-la !», martèle-t-il. Veut-il dire qu’il faudrait installer des panneaux et d’autres indications quant à ce qui peut se faire ou non ? «Oui mais il faudrait aussi des gens sur place pour veiller à ce qu’on ne détruise pas la flore, car le Mauricien a la fâcheuse habitude de soustraire des choses à la nature pour les emporter chez lui», dit-il.

Accès interdit aux enfants

Contactée pour une réaction Véronique Leu-Govind, présidente du Morne Heritage Trust Fund annonce une série d’actions pour protéger le site mais aussi les personnes qui s’y rendent. «Dès ce matin, des panneaux avec des consignes sur ce qui peut être fait ou pas seront installés tout au long du parcours», dit-elle. Plusieurs règles devront être respectées à l’instar de l’interdiction d’y camper et d’y allumer des feux, entre autres. Une des règles principales qui sera imposée est cependant l’interdiction d’accès aux enfants. «Si les parents emmènent leurs enfants, ce sera à eux d’assumer leurs responsabilités», insiste Véronique Leu-Govind.

Quant aux plaintes des gens sur l’accès au public à la montagne du Morne, elle explique : «Nous venons d’ouvrir et il y a encore des ajustements et des améliorations que nous apportons au fur et à mesure, dépendant de ce que nous constatons sur place.».

Finalement, elle invite les promeneurs à faire preuve de bon sens : «Beaucoup ont lutté pour que le lieu soit ouvert au public, maintenant qu’il l’est, sachons nous comporter sur le site. C’est comme un musée : vous ne pouvez pas prendre des pièces pour ramener chez vous», conclut-elle.

Source: l’express

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